Les pouvoirs de l'émotion au Centre Georges Pompidou à Paris

Le 14 et 15 septembre 2018, se déroulait au Centre Georges Pompidou à Paris, des rencontres entre scientifiques, artistes, chefs d’entreprise autour de l’événement « Les pouvoirs de l’émotion. »

Les pouvoirs de l’émotion

L’événement qui se tenait au Centre Georges Pompidou à Paris a permis de croiser les regards d’artistes, de scientifiques et de chefs d’entreprise sur la place et l’intérêt des émotions dans notre monde.

À travers trois révolutions actuellement à l’œuvre : une révolution scientifique avec les découvertes des neurosciences, une révolution économique et sociale avec la finance comportementaliste et enfin une révolution technologique qui déploie nos cinq sens, ils décrivent ces bouleversements déjà en cours.

Notre époque, profondément tournée vers les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle n’a de cesse de déshumaniser notre société. Les écrans envahissent nos vies et pourtant nous n’avons jamais autant parlé d’émotions.

Retour sur cet événement marqué par des performances artistiques, des débats avec le monde de la création , le public et les équipes du Centre Pompidou avec notamment la participation de Antonio Damasio, Cynthia Fleury, Laurent Garret, Laurence Devillers, Benoit Carré…

« Quand nous avons des émotions, nous avons toute une orchestration de mouvements dans le corps, c’est une manifestation publique (…). Quand on parle des sentiments, on parle (…) d’expériences mentales privées. » Antonio Damasio, professeur de neurosciences, directeur du Brain and Créativity Institute.

Des performances artistiques.

Durant ces 2 jours d’échanges, de débats et de dialogues, nous avons pu vivre les pouvoirs de l’émotion à travers plusieurs mises en scène et performances telles que :

– une scène de théâtre mise en scène par Gulu Monteiro qui souligne la force des émotions et leurs interprétations par un groupe d’acteurs dans un jeu théâtral humoristique et sentimental.

– une performance immersive de Emo de Medeiros dont la musique et l’animation ont réveillé les énergies du public et les émotions de surprise et de joie.

– le chanteur Abd Al Malik dans l’émotion de textes riches et puissants nous entraînent dans ses paroles.

– les improvisations de l’artiste Karol Beffa dont les compositions musicales ont fait le parallèle entre le son et les ressentis sensoriels.

– l’interprétation de chants et de danses participatives par l’artiste Camille.

Des œuvres sensorielles.

Présentes lors de ces 2 jours d’animations et de réflexions, plusieurs œuvres étaient installées dans l’enceinte du bâtiment et invitaient les participants à vivre et ressentir sur place les pouvoirs des émotions.

– Heart de Pascal Haudressey dans laquelle un cœur bat selon un programme informatique. Il interroge sur les mutations de notre monde où les vies biologiques n’ont jamais autant coexistées avec des formes de vies digitales.

– Blind Alphabet de Willem Boshoff inverse les rôles et propose aux personnes malvoyantes ou aveugles d’accompagner les visiteurs à la découverte de ces œuvres.

– Le livre infini d’Albertine Meunier dans lequel le contenu est projeté directement sur les pages blanches et évolu à chaque fois qu’on les tourne. Il concilie le numérique et la nostalgie du papier.

– Lesson of Moon de la Compagnie Shonen dans laquelle une jeune danseuse et un robot s’engagent dans un processus de mimesis empathique questionnant les représentations et les perceptions du corps à l’heure des nouvelles technologies.

La place des émotions dans l’entreprise

Ces rencontres entre artistes, entrepreneurs et scientifiques étaient aussi l’occasion de décrypter la place des émotions dans les organisations et d’évoquer le rôle de l’intelligence émotionnelle : le cœur avant le cerveau !

 » Pendant 30 ans, on a cru qu’un individu travaillait mieux sous pression, en même temps que la division du travail diluait la vision et provoquait une perte de sens. Tout change vite, avec de nouvelles générations et les réseaux sociaux  » Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste.

Les notions de bien-être au travail sont récentes et viennent répondrent aux problèmes d’anxiété, de stress et de burnout. Les managers d’aujourd’hui doivent considérer qu’un salarié est plus efficace s’il est heureux dans ce qu’il fait.

Alors comment les entreprises placent les émotions au coeur de leur stratégie managériale ?

  • en developpant l’intelligence émotionnelle : accueillir, discerner et comprendre ses émotions pour gagner en efficacité. D’abord individuellement puis en groupe en valorisant les individus et leur personnalité.
  • en considérant les émotions comme une force et en exploiter leurs ressources pour limiter l’épuisement, la lassitude, les douleurs et les blocages.
Les émotions au travail et dans les entreprises sont encore un axe de réflexion pour les scientifiques et les dirigeants qui cherchent à développer la productivité et la rentabilité en privilégiant l’humain.

Un exemple nous a marqué lors de ces échanges, celui de Sylvie Gleises, directrice générale Europe de Axa Art : « Anxiété, colère, désespoir… dans l’assurance nous sommes confrontés aux émotions de nos clients, il y a une prise de conscience de plus en plus forte de l’importance de l’intelligence émotionnelle dans l’entreprise. »  Celle-ci soulignait l’évolution des compétences managériales qui sont depuis une dizaine d’année orientées vers la sincérité, l’intelligence émotionnelle et l’empathie au service des équipes, des clients et des marchés financiers.

Cet exemple était révélateur de la prise en compte des émotions au coeur même des organisations et du recrutement dans les entreprises actuelles.

Focus sur le Quotient Émotionnel

Le quotient émotionnel ou QE est l’importance donnée au savoir-être en opposition au savoir-faire ou QI ( Quotient Intellectuel, l’importance donnée aux compétences techniques).

Le QE est donc un outil permettant de mesurer l’intelligence émotionnelle d’un individu.
Celui-ci se mesure par nos capacités à :

  • la conscience de soi : capacité à analyser les émotions et s’en servir dans la prise de décision.
  • la conscience des autres : ressentir, réagir et interagir face aux émotions vécues par autrui grâce à l’empathie.
  • gestion de soi : maîtriser ses émotions et celles d’autrui.
  • gestion des relations : influencer les autres lors de résolution de conflits par exemple.

Ainsi le QE est, aujourd’hui, très prisé pour apprendre à mieux se connaître et à s’épanouir dans la société.

En conclusion

Les pouvoirs des émotions présentés au Centre Georges Pompidou de Paris était un rendez-vous entre dirigeants, artistes, chercheurs, philosophes, ect. Cette initiative a permis de mieux comprendre les enjeux actuels des émotions dans notre vie quotidienne, que ce soit au travail, chez nous avec l’intelligence artificielle et dans notre rapport aux autres.

Nous avons pu saisir les limites et menaces qu’elles pourraient avoir chez les robots de demain. Ces réflexions accompagnées par des performances artistiques et des ateliers ont donc permis d’approfondir le sujet des pouvoirs de l’émotion et de leur  importance dans la gestion humaine des organisations.

Nous avons passé deux jours à contempler les œuvres et à vivre les immersions entre les murs de l’ancien centre Beaubourg en préambule d’une exposition consacrée aux pouvoirs des émotions prévue pour 2019.

Volontairement transdisciplinaire, ces rencontres ont mis en lumière les trois révolutions scientifique, technologique et économique et sociale grâce aux regards croisés de professionnels, d’acteurs de la création et d’échanges avec les participants de ces journées.

« Il y aura de l’intelligence artificielle, mais pas d’émotion artificielle. » Matthias Leridon, président de Tilder

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